Message d'erreur

Danse et sens / danser en confinement

Comment dans cette période de « confinement » ou les stimulis extérieurs sont moins importants, pouvons-nous rester en alerte et curieux de ce qui nous entoure ? Continué à affiner ses sens et les utiliser à communiquer autrement ?
 
L’atelier proposé permet de vivre le plus directement possible la relation entre les sens et le mouvement artistique.
 
Chaque semaine, retrouvez ici des consignes permettant une improvisation autour de l’un des cinq sens : le goût, l’ouïe, l’odorat, le touhé et la vue.
 

Projet mené par Delphine Pain, professeure de danse contemporaine à l’ENACR.

 

SEMAINE 2 : LA VUE



Travail en improvisation

EN SILENCE (sans accompagnement sonore)

1)Laboratoire : fouiller, ressentir, explorer.

1ére expérience : vous avez besoin d’un espace avec un éclairage artificiel ou vous pouvez faire le noir.

Se mouvoir dans le noir puis dans la pénombre, dans la clarté et  enfin, si possible dans une forte lumière (sans vous abimer les yeux). Selon l’intensité lumineuse, observez-vous un changement sur votre façon de bouger ? Le tempo (du lent au rapide) l’intensité (plus ou moins grand) la qualité du mouvement sont-ils modifiés par l’exposition lumineuse ? Si vous faites les impros à plusieurs, de quelle manière, le rapport à l’autre change-t-il ?

2ème expérience : vous avez besoin  d’une petite pièce fermé (couloir, cagibi etc.) et un endroit ouvert (une fenêtre ouverte vers l’extérieur, une grande pièce ou en extérieur etc.)

Danser dans l’espace confiné ou votre vue rencontre  rapidement des murs, des objets, amusez-vous à regarder de très près ce qui vous entoures et laisser votre corps traduire ce vous ressentez. Faites la même expérience dans le lieu ouvert, vous laisserez votre regard se perdre dans le lointain. Quelle  sont les répercussions physiques ?

3ème expérience : vous avez besoin d’une image agréable et d’une autre dégoutante (photo, tableau, dessin etc.)

Même processus de recherche ; regarder les images, faite vous submerger par les sentiments qu’elles provoquent et interprétés les, corporellement. Pouvez-vous lire une différence dans vos mouvements, selon l’émotion vécue ?

Distinguez bien les particularités de chaque expérience et de son effet sur votre gestuelle, identifiez les différences ou au contraire les similitudes. Regardez vos vidéos et comparez-les avec celles des autres (si c’est possible). Voyez-vous des correspondances, des rapprochements ?

 

2) Recherche ; détecter, relever, répertorier

Fort de tout ce que vous venez de vivre, je vous propose de déambuler chez vous, de danser de pièce en pièce en regardant réellement ce qui vous entoure

Travail de composition : avec sonorisation si vous le souhaitez, mais faites attention de ne pas vous faire trop influencer par l’environnement sonore.

3) Ecriture ; arrêter, graver, imprimer.

Choisir une luminosité (expérience 1) un espace (exp 2) et une émotion (exp 3) et grâce à la mémoire corporelle, aux vidéos (et le regard de extérieur si possible) composé une chorégraphie de 3-4 minutes. Vous filmerez votre prestation en faisant des choix dans l’utilisation de la caméra. "Où je place la caméra, est ce que je danse en la regardant, est-elle une partenaire ?"

4) Projet personnel, étoffer, enrichir, imager

Vous pouvez utiliser des textes, des citations, des musiques, des images en rapport direct. Ou si vous préférez, utilisez votre recherche dans un autre projet artistique.

« Regarde attentivement car ce que tu vas voir n’est plus ce que tu viens de voir. » – Léonard de Vinci

 

SEMAINE 1 / Le GOUT 

EN SILENCE (sans accompagnement sonore)

Ceci est une proposition d’atelier avec plusieurs phases de travail mais bien sûr, vous pouvez en faire ce que vous voulez et l’enrichir, le modifier voir aller ailleurs.

Pousser les meubles d’un espace (même petit).

Vous munir d’un aliment acide (citron), amer (le chocolat noir 85°/ de cacao) du sucre et du sel.  Enfin pensez à une caméra pour la captation vidéo.

  1. Travail en improvisation

    1) Laboratoire : fouiller, ressentir, explorer.

Fermer les yeux et gouter un des aliments sans le connaitre. Laisser vous envahir par le gout et passer immédiatement au mouvement, continuer l’impro avec les yeux fermés puis les yeux ouverts, en reprenant le même aliment. Identifier dans votre corps ce qui se passe.  Si vous êtes seul, commencez l’impro (les yeux fermés) sans trop bouger (dans un espace proche) puis ouvrez les yeux et agrandissez les mouvements. Si vous êtes à plusieurs, faites l’impro à tour de rôle, avec un qui fait et l’autre qui  protège. Penser à filmer vos impros.

2) Recherche ; détecter, relever, répertorier.

Recommencer très vite une impro les yeux ouverts avec le souvenir du gout et du geste qui va avec. Dès qu’un mouvement vous semble juste par rapport à ce que vous vous avez vécu répéter le, commencer à imprimer.

Recommencez la même expérience avec les autres gouts.

Distinguez bien les particularités de chaque gout et de son effet sur votre gestuelle, identifiez les différences ou au contraire les similitudes. Regardez vos vidéos et comparer les avec celles des autres (si c’est possible). Voyez-vous des correspondances, des rapprochements ?

 

  1. Travail de composition.

    Ecriture ; arrêter, graver, imprimer.

Avec le souvenir corporel et les vidéos (et le regard de l’autre si possible) créer une structure chorégraphique, avec un début, une fin, un déroulé, un espace défini etc. Il faut faire des choix, s’y arrêter et pouvoir reproduire votre proposition.

  1. Mettre en scène, étoffer, enrichir, imager

Vous pouvez utiliser des textes, des citations (voir dossier gout) des musiques, des images en rapport direct. Ou si vous préférez utilisez votre recherche dans un autre objectif.

« La créativité est contagieuse, faites la tourner"    Albert Einstein